Le zen est une école japonaise du bouddhisme mahayana, héritière de l’école chinoise chán.
Le bouddhisme est né en Inde à partir de l’enseignement du Bouddha Shakyamuni, vers le Ve siècle avant notre ère. Défendu par l’empereur Ashoka, il se répand rapidement dans toutes l’Inde, puis au-delà de l’Himalaya. Des marchands le diffusé en Asie Centrale, puis de là il apparait en Chine vers le IIIe siècle.
L’arrivée en Chine et les 5 écoles du chán
Lorsque Bodhidharma arrive en Chine en 525, les Chinois connaissent bien le Bouddhisme, et le tiennent même en haute estime. Ils ont déjà traduit de grands sûtras, fait venir des moines indiens et construits des centaines de pagodes. Mais la pratique proprement dite de cette Voie reste pour eux un mystère.
Bodhidharma va la leur enseigner de la manière la plus simple, la plus expressive et la plus radicale : en pratiquant zazen, la méditation assise, 9 années durant dans une grotte du mont Shaolin. Attirés par cette pratique authentique et sincère, quelques disciples s’assemblent autour de lui. Cet enseignement restera plutôt confidentiel jusqu’au VIII<sup>e</sup> siècle, époque à laquelle fleurissent les 5 écoles du chán.
Maître Rinzai éduque alors ses disciples à coup de bâton et de cris, maître Jōshū par la simplicité de sa pratique, maître Ōbaku en leur imposant une stricte discipline monastique. L’enseignement original et singulier de ces grands maîtres rend le chán célèbre dans toute la Chine et influence profondément le monde oriental. Il est recueilli et compilé, puis synthétisé sous forme de courtes histoires énigmatiques : les kōan. Après la proscription bouddhiste de 842-845, le chán perd de son influence, mais pas de sa vivacité. De grands maîtres continuent d’enseigner la dévotion à la méditation assise, même s’ils sont moins connus des élites et donc des livres d’histoire.
L’implantation au Japon
Au XIIIe siècle, le japonais Eihei Dōgen débarque en Chine à la recherche de la pratique authentique de ces grands maîtres. Il rencontre Tendō Nyojō qui enseigne shikantaza, la simple assise de zazen, et shin jin datsu raku, se dépouiller du corps-esprit. Il revient au Japon « les mains vides », c’est-à-dire en n’ayant à montrer à ses compatriotes que l’évidence immédiate de zazen. C’est la racine de l’école sōtō du bouddhisme zen.
Au XXe siècle, soucieux de retrouver la vigueur et l’exactitude de la Voie du Bouddha, Kōdō Sawaki reviendra à nouveau à zazen. Il replonge dans les enseignements de maître Dōgen et les transmet inlassablement dans tout le Japon, dans les temples comme dans les bordels.
En Europe
À sa mort, son disciple Taisen Deshimaru accomplit le vœu de son maître : répandre le zen en Occident. Il arrive à Paris par le Transsibérien. Reçu sans façon, il dort dans une arrière-boutique, vit en dispensant des massages et des soins macrobiotiques, et continue à pratiquer zazen seul. Quelques disciples se joignent bientôt à lui… et la machine s’emballe rapidement ! Un dojo s’ouvre à Paris, puis d’autres en France et en Europe, des sesshin (sessions de pratique) sont organisées, fréquentées par des centaines de personnes. Maître Deshimaru signe de nombreux livres et donne une multitude de conférences.
En 1980, il fonde le grand temple zen de La Gendronnière. Maître Deshimaru meurt en avril 1982, ayant ordonné plusieurs centaines de personnes dans la Voie du zen.
Après lui, de nombreux disciples entretiennent son élan. Parmi eux, Philippe Reiryū Coupey.